Les plantations citoyennes
Les plantations citoyennes (ou “participatives”) visent à créer ou restaurer des espaces naturels tout en renforçant le lien social et la sensibilisation à l’environnement. Ces initiatives, qui impliquent activement les citoyens et qui sont organisées par ou avec les associations, les collectivités, les entreprises, les agriculteurs... sont une approche de plus en plus populaire et efficace pour renaturer nos espaces.
Une action aux multiples bénéfices
Les plantations participatives poursuivent plusieurs objectifs et génèrent de nombreux bénéfices :
- Végétaliser et améliorer la biodiversité : elles permettent d’introduire ou de réintroduire des espèces végétales (arbres, arbustes, fleurs, haies) adaptées aux écosystèmes locaux, favorisant ainsi la biodiversité et la création de corridors écologiques.
- Embellir le cadre de vie et contribuer à l’amélioration esthétique des villes et des campagnes, rendant les espaces plus agréables à vivre et à fréquenter.
- Lutter contre le changement climatique en augmentant la surface végétalisée. Les plantations participent à la séquestration du carbone, à la régulation thermique (îlots de chaleur urbains) et à la gestion des eaux pluviales (réduction des risques d’inondation).
- Renforcer le lien social : Les chantiers de plantation sont des moments de rencontre et d’échange qui favorisent la cohésion sociale et l’entraide.
- Sensibiliser et éduquer à l’environnement : en participant concrètement, les citoyens, et en particulier les enfants, développent une meilleure compréhension des enjeux environnementaux et une plus grande implication dans leur protection.
Planter partout ou presque, mais pas n’importe comment : bonnes pratiques et facteurs de réussite
Tous les sites ou presque peuvent être propices à une opération de plantation ! On peut planter dans des parcs et jardins publics, au pied des immeubles, recréer des haies le long des chemins ruraux, au bord des cours d’eau pour consolider les berges, le long des routes ou encore en ville entre les immeubles. On peut aussi planter des vergers au cœur de la commune ou du quartier pour contribuer au maintien d’espèces anciennes de fruitiers et partager les fruits des récoltes avec les habitants. On peut renaturer des friches urbaines ou des anciens sites industriels...
On peut planter partout ou presque, mais pas n’importe comment !
- Tenir compte du climat et des caractéristiques du sol
Les différentes essences d’arbres sont plus ou moins adaptées en fonction du climat (maritime, continental...) et du type de sol (calcaire, argileux, sablonneux...).
Une plantation réussie commence donc par prendre en compte ces caractéristiques. On peut même réaliser une étude de sol pour bien connaître son histoire et sa composition pour pouvoir choisir les essences les plus adaptées, qui auront le plus de chance de pousser avec vivacité et de résister aux aléas du temps. - Imaginer le devenir de la plantation
Les arbres et arbustes vont grandir, évoluer dans le temps. Certains plus vite que d’autres. Certains auront besoin de davantage d’eau ou de lumière, une concurrence va s’installer entre eux... Certains arbres seront appréciés pour leur ombre au fil des années, mais ils pourront peut-être aussi devenir gênants s’ils deviennent trop envahissants ou trop grands.
Prendre en compte l’évolution de chaque plant, les besoins et les contraintes de l’environnement, c’est garantir une plantation qui pourra durer dans le temps et qui limitera les futures interventions humaines qui seraient nécessaires pour réguler la croissance et qui pourraient parfois obliger à abattre des arbres dont l’implantation n’a pas été assez réfléchie.
Assurer la croissance d’une plantation, c’est aussi assurer son suivi et son entretien, surtout les premières années qui sont déterminantes pour permettre une bonne reprise des arbres. - Choisir des essences adaptées, produites localement
Quand on choisit des plantes indigènes, on a plus de chance de réussir : la plante est parfaitement adaptée au climat, au type de sol, elle a pu évoluer en synergie avec la faune locale, avec les insectes pollinisateurs, elle a appris à lutter contre certains ravageurs.
Parmi les principales essences d’arbres et arbustes qu’on trouve localement, on trouve notamment le chêne, le charme, le hêtre, le prunellier, les viornes, l’aubépine, le troène, le cornouiller… On trouve également de très nombreuses variétés d’arbres fruitiers, parfois très anciennes et spécifiques à certains territoires précis de notre région : pommiers, poiriers, cerisiers, pruniers…
S’informer auprès de professionnels confirmés permet de connaître les espèces présentes dans les milieux naturels qui nous entourent, mais aussi de vérifier que les espèces choisies ne font pas partie des espèces exotiques envahissantes ! - Planter au bon moment et avec méthode
La bonne période pour planter débute à la fin de l’automne. Un dicton dit que “à la Sainte Catherine (le 25 novembre), tout bois prend racine”.
On peut planter tout l’hiver, surtout des plants avec leur motte de terreau.
Mais pour les plants à racines nues, on choisira de les planter dès la fin novembre pour leur permettre de bien s’enraciner car ensuite, les conditions climatiques peuvent devenir moins favorables et exposer les jeunes plants à des risques accrus de dessèchement. On veillera aussi à praliner les racines nues, c’est-à-dire les tremper dans un mélange d’eau, d’argile et de fumier pour enrober les racines et ainsi faciliter la reprise des plantes et limiter le stress hydrique.
Des acteurs spécialisés au service des plantations
Les Parcs naturels régionaux et de nombreuses collectivités participent à l’opération “Plantons le décor”.
Plusieurs autres acteurs sont spécialistes dans l’organisation de plantations participatives. On peut citer notamment les Blongios, les Centres permanents d’initiatives pour l’environnement (CPIE), le Conservatoire d’espaces naturels des Hauts-de-France, Eden 62, les Fédérations des chasseurs, Nord Nature Chico Mendès, Picardie Nature, ou encore les Planteurs volontaires.